Les clochers du Hurepoix

Eglise de Sermaise

Nos paysages sont tous marqués par la présence d’une église. C’est encore plus vrai pour les paysages ruraux où l’édifice religieux est souvent le cœur du village.

 

Le clocher marque depuis longtemps tous les paysages

 

C'est certainement l'élément le plus emblématique de l’église et le plus caractéristique de l’architecture religieuse d’un pays, du moins pour son aspect extérieur. C'est aussi souvent l’élément le plus ancien. La très grande majorité des églises du Hurepoix date en effet du XIIe ou XIIIe siècle, à l’époque de la réforme grégorienne, de l’essor de l’Eglise chrétienne d’occident et de la création des paroisses. Le XIIe siècle est aussi une période prospère de développement économique et démographique, condition indispensable à la construction d’édifices imposants qui demandent beaucoup de main-d’œuvre et de moyens matériels. Mais ces premiers édifices furent fortement endommagés par les conflits successifs, en particulier la guerre de Cent Ans et les guerres de religion, au cours desquels les assaillants n'hésitent pas à incendier les églises, même avec les fidèles à l'intérieur.. En 1360 par exemple, pendant la guerre de Cent Ans, les habitants d’Arpajon se réfugient dans l’ancienne église Saint-Clément, édifiée au Xe siècle, pour se protéger des troupes d'Edouard III d'Angleterre qui assiègent la ville. Mais l’église est incendiée et huit cent personnes périssent brûlées. L’église n'est reconstruite qu'en 1510 grâce à la générosité des seigneurs du lieu, les familles Montagu et Graville. De toutes ces attaques qui ont profondément marqué le Hurepoix, ce sont les clochers qui s'en sont sortis le mieux.  

 

Le toit à bâtière, typique des villages du Hurepoix, mais pas le seul

 

Dans le Hurepoix, les clochers, de plan carré, sont essentiellement de deux types. Le toit en « bâtière », le plus courant, comporte deux pans. Il est caractéristique des églises franciliennes anciennes. Le toit à « flèche », pointu, à plusieurs pans, est moins fréquent car plus difficile à contruire. L’église Saint-Germain-l’Auxerrois de Dourdan en est l’exemple le plus abouti. On trouve aussi quelques clochers à « pavillon » (simple ou à faîtière), en forme de pyramide à 4 pans. L’église de Limours fait exception. C’est la seule qui comporte un clocher à bulbe. Il faut dire qu’il date de 1902 !

 

De multiples fonctions

 

La première fonction d’un clocher est d’abriter les cloches, dont le son est dirigé vers le sol grâce à des abat-son. Ces auvents sous forme de lames inclinées protègent également les baies de la pluie et ventilent la charpente.

Aux époques troublées, le clocher pouvait aussi servir de poste de guet pour surveiller les alentours, voire de chambre de défense où allaient se réfugier les populations en danger. Il avait alors une forme plus trapue, armés de contreforts et percés d’ouvertures de défense. Du fait de leur robustesse, ces donjons de village allaient ensuite servir à stocker des céréales. C’est probablement le cas de l’église Saint-Léonard des Granges-le-Roi. Son imposante tour-  clocher de 30 mètres de hauteur, qui n’est d’ailleurs pas le clocher d’origine puisqu’elle date de la fin du XVIe siècle, se remarque de très loin. Avec ses épais contreforts d’angle en grès appareillés, elle ressemble autant à un édifice de défense qu’à un clocher d’église. Elle a certainement servi aux deux fonctions, à laquelle s’en ajoutait probablement une troisième, celle d’entrepôts à grains. C'est bien là la fonction d'un village de "Granges" !

 

 

Eglise Saint-Germain l'Auxerrois de Dourdan, clochers à flèche
Eglise de Saint-Chéron, clocher à flèche de type Kreisker (flèche flanquée de 4 petits lanternaux)
Eglise de Limours, clocher à bulbe
Eglise de Saint-Yon. Les abat-son dirigent le son vers le sol et protègent le clocher des intempéries.

Clochers à bâtière

Clochers à pavillon

Clochers à flèche

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Chroniques du Hurepoix (C) Thierry FOUCAULT 2016-2018 - Tous droits réservés